Les fêtes à Pollença

Pas de temps mort pour les fêtes aux Baléares.
Noël : nous l'avons passé en famille dans une cala déserte.
Le réveillon de fin d'année : à minuit, nous avons avalé un grain de raisin à chaque coup de cloche de l'église avec tout le village rassemblé sur la place.

L'arrivée des Rois Mages le soir du 5 janvier, avec chevaux, dromadaires, chars et distribution de bonbons à tout va. C'est le jour où beaucoup d'enfants mallorquins recoivent leurs cadeaux.
Et le 17 janvier, Sant Antoni, patron des animaux est fêté sur toute l'île. Ca se passe en deux temps.
Premier temps la veille :
Dans tous les coins de la ville, en pleine rue, surgissent des tas de sable recouverts de monceaux de bûches. Les restaurants, les bars, les associations ou des groupes de copains, tout le monde a son bûcher personnel. Et quel bûcher ! Parfois une corde de bois entière.

Le bûcher du Real Club Nautico. En arrière plan, à droite : Valinouk dans son écrin de montagnes
Les feux s'allument, les petits d'abord, ceux qui serviront pour la torrada (grillade). On achète une assiette de charcuterie à griller dans un bar et on fait notre petite popote comme tout un chacun. La mescla coule à flots (alcool mallorquin). Certains y passeront la nuit.
Deuxième temps le 17 janvier :
Rendez-vous le matin sur la plage de Formentor, à 4 milles du port. But de l'opération, tirer avec des cordes un grand tronc de pin abattu dans la forêt, jusqu'à la mer. Il y a de la main d'œuvre. Ce sont surtout des gamins qui tirent, mais ils sont nombreux, tandis que les plus âgés s'occupent d'orienter le tronc dans les virages. Ambiance de fête : musiciens, pétards, coups de sifflet, ordres et contrordres.
Arrivés à la mer, tout le monde va recevoir sa ration : pain, tomate, saucisse, sardine. On fait du pam'boli, il faut frotter la tomate sur le pain (grillé, c'est mieux) et on arrose le tout d'huile. Les sardines et les saucisses, enfilées sur des bâtons que tout le monde s'est taillé dans les bois, grésillent sur des lits de braises .
Le tronc, appelé Pi, en mallorquin, est tiré à l'eau et pris en remorque par un bateau. Nous rentrons au port en convoi. Le quai est noir de monde. Le Pi est amené jusqu'à la plage et hissé sur la route.
Là débute une grosse partie de rigolade, car le tronc va être traîné dans la ville par toute cette bande dans laquelle l'excitation grandit au fur et mesure que le niveau des bouteilles de Mescla descend. Lorsque les gamins voient des gens aux balcons au-dessus d'eux, ils s'arrêtent et crient en cœur " Al-go, al-go ", jusqu'à ce qu'on leur déverse un seau de flotte sur la tête.
Pendant ce temps là, le curé bénit les animaux de compagnie sur le parvis de l'église : chiens, chats, lapins, chevaux, une tortue et même un poisson rouge dans son bocal !
La troupe arrive sur la place de l'église. La foule est de plus en plus dense. Le Pi va être planté dans un trou (avec une grue). Et c'est le bouquet final, les jeunes garçons et quelques filles, essayent d'être le premier à escalader le tronc. C'est la foire d'empoigne, certains s'aident, mais d'autres font redescendre les copains en s'accrochant à leur pantalon ou à leur pied. Ca se marche dessus, ça se bouscule, ça crie, ça rigole.
Parfois, il y en a un qui arrive à s'élever au-dessus de la mêlée, mais épuisé par l'effort pour s'extirper de la cohue, après quelques mètres, il capitule.Pour corser le jeu, le temps qui était beau depuis le matin, se couvre et l'eau se met à tomber, rendant le tronc encore plus glissant.
Enfin, un petit malin (costaud) qui ne s'était pas épuisé dans les bagarres du début, arrive à grimper à mi-hauteur. Il a vraiment du mal avec ce tronc mouillé. Pour l'aider, ses amis laissent tomber le long du tronc une des cordes de stabilisation du Pi et il arrive au sommet où il éventre un sac de confettis sous les acclamations de la foule. La fête est finie, jusqu'à la prochaine !

Pollença le 18/01/01

Dominique et Marilau