Mer Ionienne

Depuis la mi-avril jusqu'aux premiers jours de juin, nous avons musardé le long de la côte Ouest de la Grèce, tissant un entrelac de sillages entre les nombreuses îles et le continent. Un régal !

Un maquis rocailleux entrecoupé d'oliveraies ombragées d'où émergent les chandelles effilées des cyprès. Voilà le paysage typique des îles de la mer Ionienne. Les côtes très découpées offrent des possibilités de mouillage incomparables. Les petites criques sont enchanteresses comme ici à Othoni, la plus septentrionale des îles de la côte Ouest. Malgré le relief accidenté, l'habitat est assez dispersé, ayant donné ainsi naissance à un réseau de petits chemins bien agréable pour les balades.

Nous parcourons ces paysages attrayants à pied, en vélo (qu'elles sont dures les côtes escarpées des petites routes grecques !) et en scooter de location, moyen de transport fort agréable sous ce climat chaud et sec. Côté continent, le paysage est assez similaire avec, bien sûr, un relief beaucoup plus accentué. Au mois de mai, on voyait encore de la neige sur les sommets en arrière plan. Poussant toujours plus loin leurs alluvions, les rivières ont construit de vastes plaines marécageuses qui font le bonheur des oiseaux, des tortues, des anguilles... et des cyclistes que nous sommes !

L'histoire mouvementée de la Grèce a laissé de nombreux vestiges. Quel promontoire n'a pas son chateau en ruine ? Murs d'enceintes aux moellons monumentaux de la haute époque hellénique, tours vénitiennes, chateaux ottomans, austères forteresses anglaises. Ici, comme dans tout le bassin Méditerranéen, il s'agissait avant tout de se défendre.

Le printemps en Grèce est enchanteur, des fleurs à profusion, une température bien agréable, l'eau se réchauffe petit à petit, la barre des 20°C est franchie en mai. Les vents sont un peu capricieux, mais c'est le petit temps qui domine. Au milieu de toutes ces îles, même quand ça se muscle un peu, il n'est pas difficile de naviguer à l'abri de ces vagues courtes si agaçantes en Méditerranée. Quelques coups de sirocco amènent leur cargaison de poussière rouge sur le pont, mais c'est sous un azur piqueté de petits nuages blancs que nous passons la plupart de nos journées.

Début juin, nous avons laissé Valinouk dans le golfe de Corinthe pour un bref séjour en France à l'occasion du déménagement de mes parents.

Coup de théatre, Marilau a dû regagner le bord sans moi. Me voici de nouveau dirigeant de Finimétaux après la démission de mon successeur. Marilau a désarmé le bateau, a accueilli quelques jours nos amis qui devaient passer deux semaines à bord et a pris le chemin du retour en ferry jusqu'à Venise (avec une arrivée grandiose dans la célèbre lagune vue du haut d'un ferry qui passe au milieu de la ville) puis en train jusqu'à Limoges.

Nous voilà de nouveau terriens. Le site va en profiter pour prendre un peu de vacances, jusqu'aux prochaines escapades en Grèce, dans... quelque temps !

Limoges le 28 juillet 2002

Dominique