Gascogne

L'océan a mangé le soleil. Un petit nuage effilé qui barrait le disque incandescent est resté en l'air, comme une moustache qui aurait perdu son visage.

Et nous, nous avons perdu la côte. Le phare de Chassiron a disparu de l'horizon. Seuls restent sur la mer quelques chalutiers en quête de leur gagne-pain.

Nous sommes partis " pour de vrai ". Les conditions de démarrage sont optimales : vent de travers force 3. On avance à 7-8 nœuds sur une mer gentille. D'après la météo, la fin risque d'être un peu plus musclée mais… patience.

Un mois, c'est ce qu'il nous aura fallu pour tout boucler. Vider la maison (le plus dur). Quelques travaux de peinture sur le bateau (pont et carré) pour effacer les stigmates des cinq années passées. Le carénage qui nous laisse éreintés à la fin de la marée. Retour à la Chalussie pour le nettoyage final et la remise des clefs aux locataires. Un pincement au cœur en quittant notre maison (le temps était tellement moche qu'on n'a même pas pu faire un dernier tour du parc). Retour en train à La Rochelle puis voiture jusqu'à Marans (merci Colette).

Petite sortie de 24 heures avec des amis jusqu'à notre paradis de la pointe d'Arçay.

Et les tous derniers préparatifs stressants : l'ordinateur qui plante (virus), la batterie qu'il faut remplacer en catastrophe, la bouteille de gaz à changer préventivement, le portefeuille que je croyais perdu…

L'heure du départ, pour ne pas rater l'écluse a sonné. On dit au revoir à la va vite aux copains et on démarre avec une bouteille de gaz et les vélos en vrac sur le pont (ça va faire bien sur tes photos Jo !). Heureusement, on a le temps de finir de ranger sur le canal. A l'écluse tout est en ordre. Le vent est assez costaud et nous sortons de la baie de l'Aiguillon avec un ris et au près bien sûr.

Dernier rendez-vous amical à Oléron et cap à l'ouest, sous le regard d'un couple d'amis qui reste au pied du phare jusqu'à ce que le petit triangle blanc disparaisse sur l'horizon.